LE PREMIER MORT DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE
Le lieutenant Albert Otto Walter Mayer a été le premier soldat tombé au combat de la Première Guerre mondiale. Il est mort la veille de la déclaration de guerre officielle de l’Empire allemand à la France.
Au matin du 2 août 1914, Mayer a conduit une patrouille de cavalerie de huit hommes du Jäger-Regiment zu Pferde Nr. 5 de l’autre côté de la frontière française, pour une mission de reconnaissance. Les Français, eux, avaient déjà replié leurs troupes à 10 km en arrière de la frontière, afin d’éviter tout affrontement avec les Allemands et d’afficher une intention pacifique.
Après un moment de chevauchée, le village de Joncherey est apparu et la première sentinelle française s’est mise en travers de leur route. Mayer l’a effleurée de son sabre au passage, mais on ignore si elle a réellement été blessée.
Vers 9 h 50, la patrouille allemande a atteint Joncherey. Le caporal Jules André Peugeot et quatre autres soldats français étaient en train de manger dans leur cantonnement quand la fille du propriétaire a fait irruption en criant : « Les Prussiens ! Les Prussiens arrivent ! » Peu après, le caporal français est sorti dans la rue avec ses hommes et a sommé les soldats allemands de s’arrêter, en les déclarant en état d’arrestation. Mayer a alors sorti son pistolet, a tiré sur Peugeot et l’a blessé à l’épaule. Le Français a riposté, mais a manqué le lieutenant. Les autres soldats de son unité ont ouvert le feu à leur tour et ont touché quatre Allemands, dont Mayer, atteint d’abord au ventre puis tué d’une balle dans la tête.
Les trois soldats allemands blessés ont été faits prisonniers, tandis que les cavaliers restants se repliaient vers le territoire allemand. Le corps de Mayer a été enterré le lendemain à Joncherey, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Illfurth. Son casque est aujourd’hui encore exposé au musée de l’Armée, à Paris. Touché à l’épaule, le caporal Peugeot a succombé à ses blessures : il est devenu le premier soldat français tombé au combat.
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