LE RÉCIT DE DAKOTA MEYER
Le 8 septembre 2009, le Marine ETT 2-8 menait une mission de renseignement au contact de la population, dans un village niché au fond d’une vallée encaissée d’Afghanistan.
Le Cpl. Dakota Meyer et le SSgt Rodriguez-Chavez avaient reçu l’ordre d’attendre auprès des véhicules, à l’entrée de la vallée. Pendant ce temps, environ 150 insurgés bien équipés se préparaient à encercler et à attaquer les éléments engagés dans le village, mal placés sur le terrain.
Quand l’accrochage a éclaté, Meyer a entendu à la radio les combats gagner en intensité et les demandes d’appui-feu rester sans réponse. Les JTAC ont fait de leur mieux, mais quoi qu’ils demandent, aucune autorisation n’arrivait. Sous une pression ennemie croissante, les hommes ont décidé de demander un écran de fumée pour décrocher. La fumée n’est arrivée qu’une heure après la demande et s’est déposée si mal que les éléments n’ont pu se replier que de quelques mètres.
Une section de l’Army se trouvait à proximité ; on lui a demandé d’intervenir, mais son chef de section a refusé. Bien qu’on le lui ait interdit plusieurs fois, Meyer a décidé avec Rodriguez de foncer dans la vallée pour soutenir leurs camarades. Meyer a pris la mitrailleuse de calibre .50 du Humvee, Rodriguez au volant.
Dans la vallée, le véhicule a immédiatement été pris à partie. Meyer a tiré plus de 2 000 cartouches et, quand sa mitrailleuse est tombée en panne, il a récupéré le RPK d’un mort. Il aurait tué huit insurgés au total, dont un à la M4 alors que celui-ci tentait de monter dans le véhicule.
Arrivés au village, ils ont aussitôt commencé à évacuer leurs propres hommes, ce qui les a obligés à ressortir et à revenir plusieurs fois. Pendant tout ce temps, ils sont restés sous le feu ; Rodriguez a écrasé un insurgé qui se tenait sur la route.
Parti à pied à la recherche de ses camarades, Meyer a été surpris par un taliban. Dans le corps à corps qui a suivi, il lui a fracassé le crâne avec une pierre. Arrivé au dernier point connu de son équipe, il a retrouvé ses quatre camarades morts : l’infirmier de combat tenait encore son matériel de secours à la main pour sauver les autres, le JTAC une carte, pour demander l’appui-feu qu’ils espéraient.
Pour son courage, Dakota Meyer a reçu la Medal of Honor.

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