LE JOUR OÙ J’AI COMPRIS LA PRISE DE DÉCISION
« Les chefs sont ceux qui prennent des décisions rapides et qui ont parfois raison. »
- ELBERT HUBBARD (ÉCRIVAIN AMÉRICAIN)
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Le commandement d’hommes, de subordonnés, de soldats, c’est le sujet le plus important qui soit à la Bundeswehr. Il n’y a aucun domaine où l’on peut faire autant de mal ou autant de bien, qui ait plus de conséquences et qui marque plus durablement l’image de la troupe.
Je suis tombé aujourd’hui sur la citation ci-dessus en lisant, et j’ai tout de suite repensé à une situation (d’exercice) à la Bundeswehr qui marque encore aujourd’hui ma façon de commander.
Je veux te donner un petit aperçu de cette situation précise, en espérant que d’autres (jeunes) chefs pourront en tirer quelque chose.
1. Chaos contrôlé
Un fourré typique : comme tu le vois, tu ne vois rien.
2. L’ordre
Par radio, mon groupe a reçu l’ordre de déborder l’ennemi pour éliminer la menace et poursuivre notre marche. Le groupe voisin devait nous couvrir pendant ce temps.
Il fallait donc franchir l’obstacle d’une façon ou d’une autre, ou le contourner, repérer en chemin la position exacte de l’ennemi et déboucher sur son flanc sans nous faire repérer si possible.
Une fois l’ordre transmis à mes hommes, on s’est mis en route sans attendre pour exécuter la mission.
Mon homme de tête, un militaire du rang expérimenté, avait entendu l’ordre et voulait m’aider. Il m’a signalé une brèche repérée dans l’obstacle et il était sur le point de nous y conduire.
J’ai marqué un temps d’arrêt. Tout dans ma tête me disait qu’il serait plus malin de contourner complètement l’obstacle et de partir beaucoup plus large avant de nous diriger vers l’ennemi.
Mais la brèche se trouvait effectivement juste devant nous et je ne voulais pas ignorer comme ça l’avis d’un soldat expérimenté.
3. La décision
Je devais trancher.
Soit faire confiance à mon propre instinct et perdre peut-être un temps précieux. Soit suivre un autre avis dont je n’étais pas convaincu à 100 %.
Ce qui devait arriver arriva. J’ai suivi le conseil de mon camarade et le désastre a commencé. On s’est complètement perdus, on a failli attaquer par le mauvais côté, on est ressortis un moment juste à hauteur du groupe voisin et il nous a fallu environ quatre fois plus de temps que d’habitude pour localiser l’ennemi et le déloger.
Si nous n’avons pas été repérés et pris à partie plus tôt, on le doit uniquement au terrain très dense et à notre façon de progresser, très agressive malgré la mauvaise décision.
4. Bilan
Ce jour-là, je me suis énervé plus qu’on ne peut l’imaginer.
Pas seulement parce que j’aurais pu mieux analyser et mieux résoudre la situation sur le plan tactique. Mais parce que ce n’était même pas ma décision qui nous a coûté du temps et de l’énergie pour rien.
Et ce n’était en rien la faute du camarade. C’était moi le chef. J’étais seul responsable. Lui a simplement fait de son mieux pour m’aider selon sa vision des choses. Trancher revenait à moi seul.
Ce jour-là, j’ai appris ceci :
-
Fais confiance à ton instinct. Tu sais déjà la plupart du temps quelle est la bonne décision. Il te faut juste le courage de la prendre.
-
Décide vite. Comme le disait déjà le général S. Patton : « Un bon plan exécuté maintenant vaut mieux qu’un plan parfait exécuté la semaine prochaine. »
- Tu n’as pas besoin d’avoir toujours raison. Juste ou faux, peu importe : ce qui compte, c’est que ce soit ta décision. C’est le seul moyen d’apprendre et de progresser.
Bonne chance là dehors !
Shughart
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Sources : photo de couverture : Marcel T. (gros salut à lui !), fourré : FieldsportsChannel.tv