COMMENT FAIRE EN SORTE QUE LES GENS T’ÉCOUTENT
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Donner des formations et des exposés qui captivent, c’est un art que peu de gens maîtrisent, et qui n’en est que plus important. Malheureusement, on a tous déjà vécu un « Death by PowerPoint » - autrement dit une « mort par PowerPoint » au moins une fois. Car face à un exposé mou, tout le monde finit par décrocher.
Pour que ça ne t’arrive pas, j’ai résumé ici les leçons les plus importantes de mon époque d’instructeur à la Bundeswehr.
1. Bien se préparer
Oui, la préparation est importante, tout le monde le sait. Mais ici, il s’agit du timing, et c’est lui qui fait la différence.
Quand, jeune sous-officier, j’ai dû assurer l’instruction dans mon unité, il m’est arrivé de « sacrifier » tout le week-end avant la formation et de passer la journée entière à peaufiner ma préparation.
Malgré cette préparation énorme, je n’ai plus regardé mes documents le jour même de la formation. Tout au plus une phrase, pour retrouver la bonne formulation, rien de plus.
Premièrement, tu ne combleras de toute façon plus aucune lacune dans les 10 minutes qui précèdent. Deuxièmement, tu te rends nerveux pour rien, ce qui est doublement contre-productif, car de petites lacunes ne se remarqueraient même pas avec une posture assurée.
Et pour finir, tu te prives de la parole libre, parce que tu essaies sans arrêt de puiser dans ta mémoire à court terme au lieu de restituer simplement ce que tu maîtrises vraiment.
2. Gérer le trac
Malheureusement, on ne peut pas dire simplement à son cerveau « Ne sois pas nerveux maintenant ». Le trac ne se pilote pas comme on se met à marcher ou comme on s’arrête, comme on ramasse un objet ou comme on le lâche.
Il faut donc ruser avec lui. Une bonne astuce : faire comme si tu avais confiance en toi, puis aller volontairement, avec cette attitude, vers les situations inconfortables. À un moment, le cerveau comprend qu’il n’y a aucune raison d’être nerveux et coupe la nervosité tout seul.
Pour y arriver, ne te prends pas la tête avec le comment, occupe-toi plutôt du quoi. Quel est ton objectif ? Respire un grand coup, place-toi détendu devant le groupe et accroche brièvement le regard de quelques personnes. Savoure vraiment le fait d’être au centre de l’attention. Pas par arrogance : parce que tu as la chance d’apporter énormément aux gens en face de toi.
Cette attitude positive + « Fake it til you make it », ça fait des miracles.
3. La voix comme instrument
Fais sentir aux participants ton enthousiasme et ta passion, et laisse ton style personnel passer dans ton exposé. Quand quelqu’un brûle vraiment pour son sujet, il embarque le public bien plus facilement que celui qui lit ses diapos et n’a en réalité aucune envie d’être là.
Sers-toi de ta voix. Joue avec. Monte le volume, puis baisse-le. L’intonation des phrases compte aussi. Les passages importants, tu les appuies : tu ralentis un peu et tu montes légèrement le ton. Place des pauses ( !), juste avant ou juste après un point clé. En général, on se laisse beaucoup trop peu de temps quand on parle, surtout sous pression.
Reste authentique dans le choix des mots, mais n’essaie pas de paraître spécialement cool / drôle / dur. En général, ça produit exactement l’effet inverse.
4. Poser les bonnes questions
Voici maintenant une astuce que j’ai piquée à l’un de mes instructeurs. Avec elle, tu gardes les hommes et les femmes en face de toi attentifs à 100 %, garanti.
La voici : la bonne manière de poser une question.
Au lieu d’interroger celui qui lève la main, tu désignes justement quelqu’un qui ne la lève pas. S’il dit « Mais je n’ai pas levé la main », tu réponds simplement « Mais moi, je t’ai interrogé »
En général, on prend les gens complètement au dépourvu, parce qu’ils pensaient qu’on allait tout leur servir tout mâché au lieu de les faire réfléchir. Bien sûr, c’est gênant sur le moment de ne pas avoir la réponse, mais à partir de là, chacun se dit : « Tiens, je ferais mieux de réfléchir par moi-même et de préparer ce que je dirai si on m’interroge. »
Les rêveurs n’ont aucune chance. Tout le monde apprend plus. Et c’est sacrément marrant.
5. Assumer ses erreurs
J’ai un jour observé un instructeur qui devait assurer des camarades en descente en rappel. Des centaines de fois, tout s’était bien passé, mais au moment précis où un camarade a glissé, l’instructeur a mal saisi la corde, et le camarade a chuté d’environ 2 mètres, jusqu’à ce que la corde d’assurage de l’instructeur le retienne. Personne n’a douté du sang-froid de l’instructeur, mais ça a duré exactement cette demi-seconde de trop, celle qui a semé le doute.
Tous les regards se sont tournés vers l’instructeur. Lui a soutenu le regard et a lâché avec un peu d’autodérision : « Bon, moi aussi, c’est la première fois que je fais ça ». Tout le monde a éclaté de rire. L’instructeur a poursuivi avec une assurance totale et personne n’a douté de ses compétences. Il n’y a plus eu d’incident.
Les gens ne sont pas idiots et repèrent très vite quand tu fais une erreur, quand tu te contredis ou quand tu n’es pas sûr de toi. L’assurance compte, évidemment, mais pas au point de ne plus être crédible.
Un bon instructeur se trompe rarement, et pourtant l’erreur reste parfaitement humaine. Comme presque tout, ça se rattrape vite avec une bonne dose d’autodérision et d’humour. Avec une réaction humaine et authentique, on se met le public encore plus de son côté.
Résumé
Au final, pour une formation ou une présentation, tout tient à trois choses : une préparation énergique, une présentation assurée et ne jamais perdre le plaisir ni le côté humain. Si tu tiens compte de ça, tu as déjà fait le plus gros du travail !
Bonne chance là dehors !
Shughart
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