JOHN STRYKER MEYER ET LA GUERRE SECRÈTE CONTRE LE VIÊT-CONG
John Stryker Meyer était un Green Beret. Il faisait partie des premières forces spéciales américaines engagées dans la guerre ultra-secrète menée au-delà des frontières du Vietnam.
Contrairement à ses déclarations officielles, l’armée nord-vietnamienne (NVA) utilisait le Laos voisin pour déplacer librement troupes et matériel. Les États-Unis y ont donc engagé des troupes eux aussi. Les équipes, de 4 à 6 hommes, étaient composées de SOF américains et d’auxiliaires locaux particulièrement aptes, qui s’étaient portés volontaires pour cet emploi (photo 2). Loin en territoire étranger, elles devaient rassembler sans se faire repérer des preuves de la présence massive de la NVA. Les soldats opéraient livrés à eux-mêmes, sans soutien logistique, et l’appui aérien était souvent à plusieurs heures de là.
Meyer a lui aussi pris part comme chef d’équipe à nombre de ces missions secrètes : il renseignait sur les forces ennemies, interceptait leurs transmissions et échappait le plus souvent de justesse aux mains de la NVA. Lors d’une de ses missions, son équipe a livré un combat si violent contre la NVA que les ennemis empilaient leurs propres morts pour s’en faire un couvert. Quand Meyer a demandé des frappes aériennes, les combattants ennemis se sont jetés à l’aveugle dans le tir des fusils d’assaut des forces spéciales et ont tout juste pu être repoussés. Même une fois l’équipe à bord de l’hélicoptère d’évacuation, les combattants de la NVA sont arrivés à quelques mètres : ils voulaient à tout prix tuer un soldat du MACV-SOG pour toucher une forte prime.
Lors d’une autre mission, les forces spéciales s’étaient retranchées de nuit sur une colline, traquées par de nombreux Nord-Vietnamiens. Meyer a fait régler le tir d’un gunship Spooky si près de sa propre position qu’il a dû garantir au pilote qu’il prendrait la responsabilité d’éventuelles pertes amies.
Comme il a malgré tout ramené son équipe à la maison sans une égratignure, il a d’abord été proposé pour la Silver Star, puis pour la Distinguished Service Cross. Meyer a pourtant refusé la décoration, parce que seuls les hommes et la mission comptaient pour lui. Ses passages dans le podcast de Jocko Willink ainsi que ses livres et livres audio, je les recommande sans réserve.
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